Compostage : tout savoir

Une définition : le compostage traditonnel est la transformation à même le sol par accumulation de déchets organiques humides et secs, créant une fermentation, accompagnée d’une montée en température, et qui donne le compost, un fertilisant pour le sol et les plantes !

Utilisé par la nature depuis la nuit des temps

Cette méthode ancestrale de transformation des matières organiques revient heurseusement au goût du jour car ses avantages sont très nombreux.  Le compostage, qui se pratique exclusivement en jardin, consiste à accumuler des déchets verts (jardins + ménagers) sous la forme d’un tas, à même le sol, ou dans un composteur du commerce, qu’il faut remuer et arroser régulièrement.

L’alternance des déchets de type organiques et carboniques (paille, bois, carton, etc…) créée une combustion chimique, appelée phase thermophile ou phase d’hygiénisation : la température monte alors jusqu’à 70°C pendant plusieurs semaines puis redescend. Cette combustion naturelle est due en grande partie à l’action de la faune très variée du compost (bactéries, champignons, insectes et vers de compost), qui remonte du sol vers les déchets. Le compost est donc le résultat de cette combustion ingénieuse.

De l’humus à l’humain : Retrouvons nos racines !

Nous parlons racines, parlons étymologie : Le nom commun humus vient tout droit du latin humus, qui signifie sol, terre, terme lui-même à rapprocher du grec χαμαί, qui signifie à terre. Par extension, humus est devenu l’adjectif humanus, littéralement de la terre, qui concerne le genre humain. Humanus nous a également donné homuncule : ce pauvre petit homme… Qui a perdu ses racines, son lien la terre, à force de bétonner son environnement, de transformer les champs agricoles en banlieue, et de cercler la planète de routes et d’autoroutes, pour une prise de pouvoir artificielle de son environnement…

 

Et pourtant, sans l’humus, il n’y pas de genre humain, car pas de végétaux. Et sans l’humus, pas de racine qui nous rattache à quelque chose de plus vaste que nous..

 

L’humus, source de vie menacée par le genre humain

 

L’humus provient de la décomposition des déchets organiques, végétaux et animaux sous l’action des organismes et micro-organismes détritivores, dont les bactéries, champignons, et arthropodes. Sans oublier nos précieux intestins de la planète (Aristote) : les vers de terre. Ils sont les plus fidèles alliés de la nature et du genre humain.

 

L’humus qui est un constituant organique du sol lui donne cette couleur noire, et va lui apporter de la chaleur au sortir de l’hiver et permettre à la nature de continuer son cycle. L’humus est indispensable au bon développement des végétaux par son action primordiale sur les caractéristiques physiques et chimiques du sol. C’est la bonne harmonie de celles-ci qui favorisera la qualité de notre environnement.

 

L’humus est un colloïde. Il est un des éléments qui va « coller » d’autres éléments du sol. Il contribue ainsi à structurer le sol. La décomposition de l’humus libère des éléments minéraux assimilables directement par la plante, dont l’azote et d’autres éléments nutritifs indispensables à la croissance des végétaux (phosphore, potasse, etc).

 

Il existe plusieurs types d’humus selon les climats et l’intérêt principal de l’humus dans la fertilité des sols est son rôle de réservoir tant pour l’eau que pour les éléments nutritifs. C’est une substance vivante par les micro-organismes, qui ont besoin d’un apport régulier de matières organiques pour continuer à se multiplier et donc donner de la vie à la terre.

 

L’humus s’agrège avec l’argile pour former un complexe argilo-humique. La liaison entre l’argile et l’humus est réalisée notamment grâce à l’action des vers de terre. L’argile protège l’humus contre les attaques des microbes.

 

Le changement climatique, qu’il n’est plus possible de nier, nous menace de plus en plus d’épisodes de fortes précipitations. Ces pluies intenses peuvent déplacer les éléments nutritifs du sol, qui ne seront alors plus disponibles pour la croissance des plantes. De plus, la fréquence de gros vents pourrait favoriser l’érosion des sols et la disparition de l’humus. Les éléments nutritifs en seraient encore déplacés. Cependant, plus le sol est riche en humus, plus il est difficile de l’éroder et de déplacer ses éléments nutritifs.

 

Quelles pratiques agricoles pour préserver l’humus ?

 

Avant la pratique, il y a l’axiome de base : La terre est vivante !

 

Quelle que soit la pratique, il faut qu’elle protège et favorise la vie, sous toutes ses formes. Il faut ensuite qu’elle soit naturelle, sans apport de substances chimiques synthétiques. Primum non nocere « avant tout ne pas nuire », c’est la leçon N°1 de l’agronome pédologue Gérard Augé (voir article Bio Contact N°146 – Avril 2005 « La bio, une précieuse alliée de la terre et de l’eau »).

 

On retrouve des pratiques simples à mettre en œuvre en agriculture biodynamique et biologique :

 

Le paillage ou mulching (couverture de protection en anglais) : Qui parle de brûler ses déchets verts ?! Tout se recycle dans un jardin ! Les tailles d’arbustes et de haies, pailles et tontes protègent le sol et les racines des végétaux du froid de l’hiver. Elles permettent un apport en matières organiques pour le printemps en se décomposant tout en favorisant l’activité des micro-organismes et des vers de terre. Le paillage en couches de 5 à 10 cm est traditionnellement utilisé dans les cultures, pour le maraîchage, mais aussi pour les jardinières et les parterres de fleurs. Il permet de garder l’humidité et empêche les herbes indésirables (liserons, chardons, chiendents, etc…) de pousser, les graines ainsi couvertes étant privées de lumière.

 

Le travail modéré du sol : Il faut préserver l’humus avec des outils qui ne l’abîment pas (comme la grelinette et la binette). Permettre aussi aux vers de terre de faire le travail de laboureur, c’est garantir au sol son pouvoir d’absorption, sa faculté à résister aux pollutions et améliorer son aération.

 

Le faux semis : Cette technique consiste à préparer le sol comme avant un semis en le travaillant finement et à laisser les graines de « mauvaises herbes » germer. Au sens botanique, il n’y a pas de « mauvaises herbes », on parle plutôt d’adventices. Quand les plantules sont sorties, le sol est de nouveau travaillé pour préparer le semis ou pour refaire un nouveau faux semis, détruisant ainsi ces adventices. L’intervalle de temps entre le premier et le second travail du sol doit favoriser un maximum de levée de plantules pour ainsi assurer le succès de la technique. Grâce à une levée rapide, la place laissée aux adventices est limitée et la concurrence joue en faveur des cultures.

 

Certaines cultures ont des effets nettoyants : Les pommes de terre par allègement de la structure du sol, le seigle contre le chiendent et l’avoine contre les chardons. Des fauches répétées en été peuvent aussi venir à bout de certaines plantes envahissantes en les empêchant de renouveler leurs réserves : la culture de luzerne fauchée pendant 3 ans permet de lutter contre le chardon et le liseron.

 

Les préparations de plantes sont les alliés incontournables des jardiniers et des agriculteurs. On connaît le purin d’ortie, de consoude, de prêle et d’oignons permettant d’accélérer le compostage des matières organiques, de nourrir la terre ou de prévenir et de guérir des maladies ou des attaques de parasites. Ces préparations sont très répandues et de nombreux livres proposent des recettes efficaces. On les trouve aussi déjà préparées, sous forme de poudre à dissoudre. D’autres préparations biodynamiques, comme la préparation bouse de corne, dite « 500 » favorisent la structure du sol, l’activité microbienne et la formation de l’humus. Il existe ainsi 6 préparations biodynamiques (voir Bio Contact N° 133 – Février 2004 – « L’agriculture biodynamique pour sauver la terre », p.22).

 

L’apport et le soin aux matières organiques : Cet apport peut être réalisé en compostant ses déchets de jardin, dits déchets verts et ses déchets de cuisine en tas dans le jardin ou dans un composteur. Le lombricompostage, tout aussi pédagogique et écologique que ludique est très simple d’utilisation. Il satisfait ceux qui veulent valoriser leurs déchets de cuisine en appartement grâce au travail incessant des vers de terre (ils ne dorment jamais !) et produire un amendement solide et liquide de la meilleure qualité pour toutes les plantes.

Que peut-on composter ?

Toutes les matières organiques, c’est à dire humides, du types déchets de cuisine : épluchures de fruits et de légumes, crus ou cuits, sachets de thé et du  type déchets verts humides, c’est-à-dire tontes de gazon et feuilles.

Toutes les matières carboniques, c’est-à-dire sèches : résidus de jardinage sec, branchages broyés, papiers, cartons, café et filtres à café, coquilles d’œufs (écrasées, elles seront plus rapidement assimilées).

NE PAS UTILISER : Viande, poisson et os, produits laitiers (cela attire les insectes indésirables et développe des odeurs désagréables, agrumes (citrons, oranges et pamplemousses sont trop acides, perturbent les vers de terre et se décomposent très lentement), graisses et huiles et autres sauces, excréments d’animaux. Ces matériaux apportent odeurs et/ou parasites et pour les animaux domestiques en liberté, on ne sait pas ce que contiennent leurs excréments. Les plastiques, verres et métaux sont bien évidemment à proscrire !

Comment composter ?

1. La première étape importante consiste à placer le composteur ou le tas dans un endroit ensoleillé et bien drainé. Choisissez un emplacement pratique accessible toute l’année.

2. Retournez le sol à l’endroit où vous voulez placer le composteur/tas de compost.

3. Couvrez le fond d’un rang de petites branches. Ceci permettra à l’air de circuler et améliorera le drainage.

4. Mettez en alternance des résidus organiques et des résidus carboniques afin de permettre une fermentation équilibrée.

5. Ajoutez du compost « fini ». Ceci accélère la mise en marche du processus de compostage. On en trouve également dans les jardineries.

6. Retournez souvent le tas pour l’aérer et arrosez-le.

7. Le compostage est plus efficace lorsque les morceaux de matière organique sont de petite taille. Les mauvaises herbes et les résidus doivent être déchiquetés. N’ajoutez pas une couche épaisse d’un seul type de résidus.

Lombricompostage et compostage, quelles différences ?

Le lombricompostage (appelé aussi compostage à froid, car il n’y a pas de montée en température), peut se faire directement dans la maison, grâce aux vers de compost. C’est donc un procédé inodore. Le lombricompostage est plus rapide que le compostage. Le lombricompost obtenu est stable et directement assimilable par les plantes qui y trouvent tout ce dont elles ont besoin, non seulement pour se développer, et ce, de façon spectaculaire, mais aussi pour résister aux attaques de parasites et de maladies.
En savoir plus

Le compostage et le lombricompostage, garants de la fertilité des sols

 

Dans la nature, la formation de l’humus peut prendre plusieurs années. En faisant du compost ou du lombricompost, on réunit les conditions idéales pour obtenir des résultats plus rapides. C’est également un moyen facile de réduire du tiers la quantité de déchets produits dans la cuisine ou le jardin.

 

Le compostage se fait dans le jardin, en tas ou dans un composteur. C’est un procédé naturel où les bactéries thermophiles permettent une montée en température (fermentation) et, par là, la destruction des germes pathogènes, porteurs de maladies et des parasites.

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